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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 14:36

amphiNous étions, avec mes collègues Florence Hanff et Celine Deslattes, près de 150 personnes, élus, professionnels, responsables institutionnels et associatifs pour la réunion plénière du comité de suivi du plan d’actions 2009/2014 du CCAS (voir ici), afin de présenter et de débattre le bilan à mi-parcours.

Loin d’une « grande messe d’autosatisfaction », cette échéance répond à une double exigence : de transparence, d'une part,  qui impose de rendre compte avec rigueur du travail de ces trois années ; de remise en cause, d'autre part, qui permet d'ouvrir de nouvelles perspectives pour améliorer la pertinence et l'efficacité de nos politiques publiques.

Depuis 2008, nous avons entrepris une véritable refondation de l'action sociale municipale, autours d'orientations politiques redéfinies et partagées à partir de l'analyse concrète et détaillée des besoins sociaux de nos concitoyens. Cette dynamique nouvelle a été traduite dans une nouvelle organisation des services du CCAS, afin de mettre en œuvre le plan d'actions élaboré dans un partenariat réaffirmé avec l'ensemble des institutions et associations qui concourent à l'action sociale de proximité.

Comme le montre ce bilan synthétiqumi-mandat.jpge (click sur image pour ouverture), et tout en engageant le redressement financier du CCAS dans un contexte particulièrement tendu, la plupart des 40 fiches qui constituent notre plan d'actions ont connu des réalisations ou des avancées remarquables. Pour autant, certaines idées n'ont pu être mises en œuvre, faute de pertinence ou de conviction de nos partenaires, et il nous faudra en adapter le contenu.

Je veux toutefois souligner quelques avancées marquantes pour nos concitoyens, à partir des trois orientations fortes qui ont structuré ce plan d'actions.

D'abord, nous avons développé les outils de redistribution directe en faveur des personnes en situation d'exclusion comme des ménages fragilisés, et favorisé l'accès aux droits et aux services sociaux, en augmentant le budget d'aide sociale, en initiant une allocation d'habitation à destination des locataires les plus fragiles du parc privé, en proposant un microcrédit largement accessible, en créant des paniers solidaires de fruits et légumes dans les équipements sociaux, en imaginant avec Odénore un baromètre du non recours sur le secteur 6...

Nous avons ensuite renforcé la dimension humaine et collective de notre action sociale dans des programmes comme Parler bambin, Humanitude ou les chéquiers seniors, sans oublier les réseaux d'échanges réciproques de savoirs, la plateforme mobilité, l'accompagnement budgétaire des familles, le récent "pass culture" et les services d'orientation et d'accompagnement des publics de l'hébergement, que nous inscrivons dorénavant dans une politique intercommunale.

Enfin, notre recherche de fraternité, de mixité sociale et intergénérationnelle s'est concrétisée dans le nouveau projet des Maisons des habitants, qui succèdent aux centres sociaux avec l'ambition de promouvoir la participation des usagers et de susciter les initiatives et les prises de responsabilité des habitants. C'est cette même dynamique qui nous conduit à transformer progressivement les logements foyers en lieux ressources pour la vie sociale des tous les habitants âgés.

Ces projets sont autant de réalisations concrètes qui concourent à la cohésion sociale, en aidant directement les personnes, en créant ou favorisant des liens sociaux, en rendant les citoyens acteurs de leur autonomie sociale, mais aussi de la vie de leur quartier. Ils traduisent notre conception d'un service public au cœur de nos vies quotidiennes.

Je tiens tout particulièrement à saluer l'implication et le travail remarquable des salariés du CCAS de Grenoble, ainsi que leur capacité à adapter leurs pratiques professionnelles. Tout comme je remercie la mobilisation de tous les administrateurs du CCAS ainsi que de nos partenaires : tous participent en bonne intelligence à la nécessaire évolution de nos politiques municipales.

En ces temps de crise économique et sociale dure, qui génère tant de défiance dans notre société, il nous faut à la fois développer les réponses immédiates et anticiper les besoins à venir. Ce souci de donner aux politiques publiques le temps et les moyens d'être appropriées par tous, est une condition de la confiance entre acteurs sociaux mais aussi entre habitants, associations et institutions.

C'est cette ambition de contribuer à faire renaître la confiance partagée dans l'efficacité du travail social qui continuera d'animer le travail de tous les responsables du CCAS, en lien avec nos partenaires et l'ensemble des habitants.

etat-avancement-2012.jpgVous pouvez consulter le bilan synthétique ici , et la présentation faite au comité de suivi ici (click sur image). Vous constaterez combien nombreuses ont été les initiatives et la somme de travail considérable mobilisée pour faire progresser la solidarité dans notre ville, avec la pleine conscience qu’il reste tant à faire…

N’hésitez pas à faire part de vos remarques, critiques ou suggestions !

Trouvez ici l'article du Dauphiné Libéré en date du 10 janvier 2012.

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Actualités
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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 17:49

rsa.pngReprésentant l’Union Nationale des CCAS (UNCCAS), j’intervenais jeudi dernier à la conférence nationale d’évaluation du RSA, à la suite du rapport présenté par le comité national présidé par François Bourguignon, à l’occasion d’une table ronde intitulée : « Le RSA a-t-il amélioré l’accompagnement et l’insertion des bénéficiaires ? Quelles évolutions faut-il envisager pour optimiser le dispositif ? »

L’UNCCAS s’était battue lors de la loi créant le RSA pour que les CCAS puissent choisir d’être à la fois instructeurs du RSA et acteurs de l’orientation et de l’accompagnement des bénéficiaires.  Aujourd’hui, ils sont souvent les trois à la fois. Selon la dernière enquête DREES – ADF, 73% des départements déclarent que les CCAS assurent un accompagnement (66% accompagnement social, 21% accompagnement mixte, mais certains réalisent aussi l’accompagnement vers l’emploi à l’exemple du CCAS Nantes qui anime la Maison de l’emploi).

Fotolia_32883352_XS.jpg Pour autant, ce qui caractérise d’abord l’implication des CCAS dans la mise en œuvre du RSA, c’est l’hétérogénéité, non seulement dans les modes de prise de responsabilités choisies, mais aussi dans les contractualisations avec les départements, quand elles ont existé. Si parfois les délégations de compétences entre conseils généraux et CCAS, incluant un financement, n’ont pas posé problème, force est de reconnaître que sur beaucoup de territoires, les relations historiquement compliquées entre ces deux acteurs de l’action sociale de proximité (le département étant chef de file) n’ont pas permis la complémentarité initialement souhaitée. Signalons par ailleurs une limite signifiante de la position « connexe » des CCAS : trois ans après la loi, ils n’ont toujours pas d’accès à e-RSA (le logiciel de partage des données sociales des allocataires), ce qui contraint les professionnels à des doubles saisies de dossier aussi fastidieuses qu’inutiles. Enfin, ajoutons que le temps de latence entre la contractualisation RMI et RSA a fait tomber des dispositifs patiemment construits comme dans le Nord où le département finançait un grand nombre de postes de conseillers insertion dans les CCAS, qui ont disparu.

Le premier enseignement du rapport d’évaluation du RSA, c’est sa pertinence en terme de lutte contre la pauvreté : le rapport d’évaluation estime ainsi que, malgré un non recours considérable (35% pour le RSA socle et 68% pour le RSA activité), il a permis de faire baisser le nombre de personnes en situation de pauvreté de 2% (soit 150 000  personnes), diminuant de 0,2 points la part de la population française vivant sous le seuil de bas revenu (950 € par « unité de consommation »). Pour les bénéficiaires du RSA activité, leur revenu a progressé en moyenne de 18% grâce au RSA, démontrant la réussite de cette logique de « bonification » de la reprise du travail, même si l’impact sur l’emploi ne peut être démontré, crise oblige… Enfin, lorsque l’on considère que le « manque à distribuer » dû au non-recours est évalué à 3 milliards d’euros, on se dit que le RSA peut avoir un effet redistributif bien supérieur au 1,5 milliards qu’il coûte aujourd’hui…

Mais sur l’accompagnement et l’insertion des allocataires, un constat bien moins positif s’impose : la mise en œuvre du RSA s’est traduite par une plus grande segmentation des publics et une perte de qualité dans l’accompagnement, notamment dans la capacité à porter un accompagnement global.

L’UNCCAS, avec d’autres acteurs sociaux, a constaté un éloignement croissant entre 2 voire 3 typologies de publics :

-         - Le public orienté à pôle emploi, qui relève du droit commun. Pour ces personnes, faute de moyens réellement mis en œuvre par pôle emploi (donc faute de volonté politique), le constat général est celui d’un manque de retour sur l’accompagnement, d’une grande faiblesse des liens avec l’accompagnement social, d’une perte de qualité dans le suivi des allocataires. Lorsque certains professionnels évoquent des files actives de 300 personnes par conseiller ou des entretiens limités à 15 minutes, il est clair que « l’autoroute » de l’accompagnement de droit commun, selon l’expression d’une professionnelle très critique, n’est pas adapté à une large partie du public RSA qui cumule souvent difficultés d’insertion professionnelle et difficultés sociale. Cette absence de moyens et de transformation des métiers de pôle emploi explique en grande partie le sentiment d’un public « perdu », sans réel repère ni soutien

-         - Le public orienté vers l’accompagnement social, avec des problématiques de plus en plus lourdes et protéiformes, subit un éloignement croissant de l’emploi, dans la mesure où les accompagnements mixtes sont rarement développés et que les outils de l’insertion par l’activité économique sont d’abord mobilisés pour les publics dits « employables ». Avec pour conséquence le risque de transformer l’accompagnement social en impasse et de renforcer la logique d’allocation du RSA, sans autre perspective qu’un rapport construit autour de la menace de la radiation… (sur cette logique des « droits et devoirs », voir ici).

-         - Enfin, le public non orienté ! A Grenoble, sur 4000 bénéficiaires suivis par la plateforme d’orientation, les professionnels constatent une file d’attente incompressible de 1000 personnes. Ainsi, un tiers des publics orientés ne sont jamais vus sauf à les convoquer avec menace de fin de droits, d’autant que les informations collectives se sont raréfiées (pas à Grenoble). Au plan national, non seulement le taux de contractualisation est de moins de la moitié mais encore une enquête récente indique que la moitié des allocataires n’identifie pas son référent d’accompagnement RSA.

 

Sur le terrain, les allocataires comme les professionnels souffrent d’un manque de coordination et de visibilité du dispositif d’accompagnement, pour au moins trois raisons :

-          - La grande faiblesse de la coordination : les plateformes d’orientation ne sont pas encore mises en œuvre partout, et leurs configurations sont très hétérogènes. Compte tenu de la faible implication des CAF sur l’orientation (sauf pour les publics qu’elle accompagne directement, comme les mères isolées), et de l’absence d’entretien individuel systématique généralisé (même si de bonnes pratiques existent), ces plateformes fonctionnent souvent sur une « logique de tri » rapide, souvent sans critères objectivés ni émergence d’une culture partagée de l’orientation.

-          - Les passerelles entre accompagnement social et vers l’emploi semblent s’être rétrécies : outre l’absence de culture professionnelle commune (notamment avec pôle emploi), la notion de référent unique n’est que rarement effective, ce qui entraîne  un cloisonnement des dispositifs. Au lieu de parcours itératifs, permettant d’alterner les modalités d’accompagnement en fonction des besoins de la personne, les allocataires expriment un sentiment d’enfermement des publics, notamment dans l’accompagnement social. L’intention de placer l’allocataire au cœur du dispositif ne s’est que trop peu réalisée, ce qui explique que des personnes retournent vers leur CCAS ou leur ancien référent social, avec le besoin de retrouver des repères lisibles.

-  - La lourdeur et complexité du dispositif expliquent aussi les ratés constatés dans l’accompagnement : ni les professionnels ni les allocataires n’ont de visibilité sur une question aussi essentielle que le calcul des droits. Comme le confirme le rapport d’évaluation, des pertes de ressources sont parfois constatées lors du passage du RSA socle au RSA socle + activité, du fait soit de la suppression de la prime pour l’emploi, soit de coûts majorés pour des tarifs au quotient (comme la cantine, les centres de loisirs ou les transports en commun). Sur ce dernier point, l’UNCCAS est bien placée, pour avoir beaucoup travaillé sur les aides sociales extralégales et les « droits connexes », pour constater que l’évolution globale des dispositifs de tarification souhaitée pour accompagner la création du RSA (d’une logique de statut à une logique de ressources) ne s’est pas produite, même si elle a par exemple guidé la nouvelles tarification solidaire des transports publics dans notre agglomération.

Toutes ces difficultés expliquent que les CCAS, y compris non impliqués dans le RSA, sont de plus en plus sollicités par les allocataires, notamment sur les aides sociales facultatives qui continuent de progresser. Cela ne doit pas minorer l’évaluation favorable du RSA dans son impact en terme de « bouclier contre la pauvreté », mais attester de la gravité de la crise sociale que nous vivons, face à laquelle le RSA comme l’action sociale de proximité sont des amortisseurs indispensables.

 

Au-delà des constats, l’UNCCAS porte des pistes d’amélioration qui concernent la gouvernance territoriale du RSA mais aussi les ressources affectées à l’accompagnement.

Au vu des dysfonctionnements constatés, la première nécessité est de reprendre la question de la gouvernance territoriale. En effet, la logique de liberté totale laissée aux territoires pour contractualiser la gouvernance du dispositif a produit beaucoup d’hétérogénéité, aggravant l’impression de complexité du dispositif sans réussir à faire émerger de modèle. A cet égard, l’arrêt du pilotage national de la gouvernance du RSA (depuis le départ de M. Hirsch), en dehors des groupes d’accompagnement techniques, se traduit depuis deux ans par une absence de coordination des réseaux qui interdit tout partage d’expériences au niveau national. Si d’aucuns ont pu regretter la brièveté de la phase expérimentale du RSA, liées aux contingences de sa mise en œuvre et à la volonté de répondre vite à la crise, rien ne justifie que la démarche d’évaluation de la gouvernance ait elle aussi été arrêtée.

Dans ce contexte, la première proposition de l’UNCCAS est ainsi de repositionner l’accompagnement global par l’ensemble des acteurs à l’échelle des territoires, y compris infra départementaux : il s’agit de faire émerger des plateformes « seconde génération » territorialisées, qui puissent à échelle plus réduite prendre en charge le parcours des allocataires et non leur seule orientation, comme c’est trop souvent le cas. Dans les grandes villes, la question de la répartition des rôles entre CCAS, services municipaux (comme à Grenoble) et services des conseils généraux est posée, avec une pertinence liée à la proximité à l’avantage des villes, ce qui suppose que les départements acceptent une réelle délégation, incluant des moyens, là où les communes ont les moyens et la volonté de s’engager. Ce serait une forme de subsidiarité territoriale au bénéfice des allocataires. L’idée est aussi que ces plateformes territorialisées puissent être prescriptrices sur l’offre de formation régionale, afin d’assurer la cohérence entre les besoins de formation du bassin d’emplois et les dispositifs d’insertion. Au gouvernement maintenant, donc, de reprendre la démarche expérimentale pour faire émerger les bonnes pratiques des territoires (sur l’accompagnement comme sur la gouvernance), quitte à revoir les conditions de contractualisation entre l’Etat et les Départementaux en fournissant des cadres de référence afin de mettre fin au sentiment de désorganisation que beaucoup ressentent.

Mais au-delà de la gouvernance sur les territoires, la mise en œuvre du RSA interroge l’adéquation entre les objectifs issus du Grenelle de l’insertion (lancé à Grenoble en novembre 2007) et les moyens réellement engagés : se donne-t-on réellement les moyens d’un « droit à l’accompagnement » ? C’est à mon sens cet enjeu fondamental qui est aujourd’hui en cause, bien qu’il soit rarement posé en ces termes. Car le constat est clair :

-       - Pôle emploi n’a pas les moyens d’assurer un accompagnement global de qualité, malgré le dévouement et la compétence de ses agents qui ne sont pas en cause, pour le public du RSA (notamment celui issu du RMI que le RSA a réintégré dans la file active de pôle emploi), alors même qu’il est de plus en plus mis en concurrence par le secteur privé, y compris à l’initiative du gouvernement, et que sa gouvernance est liée à des objectifs de résultats qui le poussent à privilégier les personnes proches de l’emploi.

-    - Plus globalement et dans la même logique, entre un secteur de l’insertion par l’activité économique lui-même en déficit de moyens, qui s’occupe de plus en plus du seul public « employable » pour les mêmes raisons d’objectifs fixés par l’Etat et des bénéficiaires trop éloignés et que les acteurs sociaux n’ont plus les moyens de remobiliser, la mise en œuvre du RSA a aggravé ces dérives qui pré-existaient. Par exemple, les ateliers et chantiers d’insertion qui devraient servir à remobiliser des personnes dans leur parcours vers l’emploi avec un accompagnement renforcé sont prioritairement utilisés par les publics moins en difficulté, pour répondre aux critères de « sorties positives » qui conditionnent les financements. Face à ce fossé qui se creuse, un véritable effort budgétaire est nécessaire, de même qu’une clarification du rapport au public qui n’est en définitive que allocataire, en sortant d’une démarche « droits et devoirs » qui pose souvent la sanction comme seul mode de relation dans l’accompagnement social, remettant de fait en cause les fondements du travail social, basés sur la confiance.

-          - Enfin, la question des moyens de l’accompagnement social pose celle des conseils généraux, qui ont largement compensé la hausse du montant des allocations due à la crise par la diminution des dépenses d’accompagnement, sans être accompagnés par l’Etat à la hauteur des financements nécessaires. Dans un avis récent, le conseil national de lutte contre l’exclusion s’est d’ailleurs dit « d’autant plus inquiet qu’un bon nombre de départements déclarent avoir diminué en 2010 ses dépenses en matière d’insertion sociale, du fait de la montée en charge des dépenses liées au RSA socle », et considère qu’il faut « ré-examiner la clause d’indexation du RSA ».

En définitive, conçu comme un outil d’incitation à la reprise d’emploi, le RSA a d’abord été un bouclier anti-pauvreté : sacré paradoxe puisque le droit à l’accompagnement pour tous qu’il reprend, en contrepartie de devoirs pour l’allocataires, s’est trouvé fragilisé alors même que la logique d’allocation s’est dans le même temps renforcée. Alors même que la droite prétendait faire du RSA un « remède anti-asssitanat », elle a renforcé la logique dite « passive » d’allocataires faute de volonté politique et de moyens dans l’accompagnement et l’insertion tant sociale que professionnelle.

Si l’environnement économique et social est un facteur déterminant que la gauche aura – je l’espère – à affronter dans quelques mois, il est urgent pour reprendre la logique initiale, qui fait consensus (ce n’est pas le RSA qui est en cause mais sa mise en œuvre), de faire évoluer le dispositif à la fois au plan technique pour le simplifier et améliorer sa réactivité, et au plan de sa gouvernance territoriale pour redévelopper la coordination des interventions de chacun des acteurs, dont les CCAS.

En tant que « première et dernière ligne » de l’action sociale de proximité, les CCAS voient bien à la fois l’effet positif du RSA sur la pauvreté et ses limites sur l’accompagnement : nous avons joué le jeu, mais il faut tirer la sonnette d’alarme, à la fois en termes de moyens et de capacité collective à piloter le dispositif pour que le RSA, qui est une réelle avancée, prenne sa pleine mesure au bénéfice des plus fragiles. rsa

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Réflexions
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 16:59

OB pass culture-copie-1Dans la riche histoire grenobloise, deux politiques publiques se sont souvent croisées ou côtoyées : celle qui relève de l’accès le plus large à la culture (avec  la création de « Peuple et culture » et plus tard celle de la Maison de la culture, une des premières décentralisées, qui a marqué l’imaginaire collectif grâce au formidable discours inaugural d’André Malraux) et celle qui a cherché à promouvoir les droits sociaux, dont le droit à la culture, avec l’élan donné à l’éducation populaire et aux centres sociaux. Depuis plusieurs années, nombre d’initiatives, souvent réussies, ont permis de faire progresser les liens entre « culture » et « social » : c’est le bailleur social Actis qui propose un accompagnement de grande qualité avec la MC2 à une cinquantaine de ménages locataires sociaux, c’est le théâtre municipal qui conventionne avec « Point d’eau » (accueil de jour pour SDF), ce sont le Musée et le Muséum qui développent des programmes dits de « médiation culturelle », de même que la MC2 qui parvient à élargir son public, c’est enfin telle association, tel centre social, qui propose une action spécifique, souvent pertinente, en lien avec un équipement culturel. Ce fourmillement d’initiatives est assurément une chance pour notre ville, qui témoigne de la conscience partagée entre acteurs culturels et sociaux que leurs actions comme leurs enjeux ont partie mêlées.

Pourtant, force est de reconnaître que ces initiatives éparses, pour belles qu’elles soient, ne constituent pas à proprement parler une politique publique, qu’il manque toujours une dimension globale qui réunisse l’ensemble des acteurs, associe les habitants, et crée un objet de travail permanent pour les professionnels. C’est ce constat que l’enjeu du rapport entre politiques culturelles et sociales ne pouvait dépendre de la volonté propre de quelques acteurs, d’affinités personnelles, géographiques ou historiques entre équipements, quelles qu’en soient les qualités, qui nous a conduit, avec ma collègue Eliane Baracetti (adjointe à la culture) à engager une réflexion commune dès le début de ce mandat. Cette réflexion s’est d’abord appuyée sur une analyse approfondie réalisée par la direction des affaires culturelles de toutes les actions existantes, qui a confirmé notre diagnostic initial et nous a convaincu que l’enjeu n’était pas de créer une offre supplémentaire, du type chéquier de réductions, ou, pire, d’imaginer mettre à bas l’existant pour tout reconstruire. Des échanges nombreux que nous avons eu avec les professionnels, des rencontres que nous avons organisé, pour la première fois de manière globale, entre responsables culturels et sociaux, des principes généraux se sont imposés :

-    -CCAS-fly-100X210 (2)Le dispositif devait concerner tous les Grenoblois, pas seulement ceux considérés comme « en difficulté », pour être pleinement attractif : il s’agit bien de permettre à tous les Grenoblois de mieux profiter de la richesse de l’offre culturelle grenobloise.

-        - Face à l’isolement croissant de nos concitoyens (près d’un Grenoblois sur deux vit seul), le dispositif doit proposer des sorties collectives, qui permette à la fois la rencontre et une forme de sécurisation de la sortie.

-        - Il doit se fondre dans l’offre existante, sans remettre en cause ni les politiques tarifaires des équipements culturels, ni les actions déjà engagées par les équipements.

-      - Il doit être suffisamment souple pour évoluer au gré des pratiques des professionnels, et constituer un enjeu régulier de rencontres entre responsables culturels et sociaux.

-        -  Il doit enfin permettre une réelle appropriation par les habitants, c'est-à-dire une capacité à être acteurs de la programmation du dispositif.

Ce sont ces cinq principes qui ont permis, en conclusion d’une bien longue réflexion, de créer le « Pass culture » : porté par les Maisons des Habitants (voir leur projet ici), ce Pass qui court de l’automne à l’été est payant (12 €) pour les ménages imposables, gratuit pour les autres, ouvrant droit à une programmation large (1700 places pour 66 offres culturelles) à un prix maximum de 5 € (pour plus d’infos pratiques, c’est ici). Concrètement, les Grenoblois peuvent se rendre dans chacune des 11 Maisons des Habitants (ou centres sociaux) de leur choix pour pouvoir participer à des sorties culturelles collectives, pour lesquelles les équipements culturels ont prévu un accueil bonifié (rencontre avec les artistes, visites privilégiées, « master class »…). Dès 2012, ils pourront participer avec l’équipement social de leur quartier (par exemple dans le comité des usagers, voir ici) à la programmation de l’année suivante, afin de choisir, de manière collective, les sorties qui les intéressent le plus.

Cette nouvelle offre est une formidable opportunité de découvrir pleinement la richesse culturelle grenobloise, de rompre l’isolement, de partager une émotion artistique en famille, entre amis ou entre voisins, de mieux faire connaissance avec les Maisons des Habitants, les associations qui y interviennent et les habitants qui les font vivre. Si ses débuts se veulent modestes, nous comptons développer fortement ce dispositif à l’avenir afin de développer les synergies entre acteurs culturels et sociaux, et ainsi de nous adapter en continu à la demande des Grenoblois tant sociale que culturelle.

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Actualités
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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 15:33

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Chaque hiver, alors que l’été est une période souvent plus cruelle, la situation de l’hébergement d’urgence est l’objet de nombreuses analyses et souvent de prises de positions aussi hypocrites qu’inefficaces, notamment de la part du gouvernement.

Chaque hiver, surtout depuis que la droite est au pouvoir, les acteurs sociaux de l’hébergement, institutionnels comme associatifs, redoutent que la situation ne s’aggrave (voir ce post qui date du début de l’hiver 2009-2010) par rapport à l’année antérieure, s’interrogent sur la capacité des dispositifs à répondre à des détresses humaines sans cesse plus lourdes, craignent qu’il faille un drame pour être entendus (comme un collectif de travailleurs sociaux qui interrogeait l’an passé, provocateur : « à quand le premier mort de froid ?).

Chaque hiver, des mobilisations exceptionnelles, citoyennes, associatives mais aussi institutionnelles (avec des moyens rajoutés in fine par l’Etat et des prises en charge par des collectivités locales) permettent de « passer le cap », avec toujours le goût amer de la triste conscience de n’avoir pas répondu à tous les besoins, d’avoir laissé s’aggraver des situations humaines terribles… Ce cycle infernal, nous le subissons tous, et d’abord les bénévoles et les professionnels de l’hébergement d’urgence qui sont en première ligne, et qui parfois se découragent.

Cet hiver n’échappe pas à la règle. Mais en pire.

Les responsabilités existent. Les causes sont connues et il suffit d’entendre ces dernières semaines se multiplier les dérapages de la droite dite républicaine pour mesurer que la question des moyens est loin d’être seule en cause. J’ sdf_dehors.jpg ai déjà eu l’occasion d’analyser les conséquences du cynisme gouvernemental et l’impact des politiques nationales dans ce post, qui date de…. mars 2010 et qui reste intégralement d’actualité, sauf que la réalité s’est durcie au plan local : la misère cachée s’est développée, les moyens se sont réduits, les droits des personnes sont bafoués, la crise a encore alourdi les situations sociales d’un public croissant.

A ce jour, le 115 continue d’être dans l’incapacité de répondre à la plupart des demandes d’hébergement d’urgence, y compris de familles avec enfants.

A ce jour, le dispositif hivernal, pourtant financé, n’est pas occupé à pleine capacité de ses places ouvertes, et des places existantes, pour lesquelles des professionnels ont été recrutés, ne sont délibérément pas ouvertes, alors même que plusieurs centaines de personnes, notamment des familles déboutées du droit d’asile, sont sans solution. hiver.jpgDes enfants scolarisés dorment dans des squats ou des abris qui mettent en cause leur santé et leur sécurité. Je pourrai multiplier les exemples qui démontrent jusqu’à quelles extrémités de situation de vie sont conduites des personnes déjà en souffrance pour des motifs purement idéologiques et politiciens, au mépris des lois de notre République et des conventions européennes qui sont fondatrices de notre « projet de civilisation ».

Face à cela, nous ne cessons d’alerter, depuis plusieurs années, hiver comme été, en pleine solidarité avec les associations et collectifs qui défendent non seulement les droits des personnes, mais aussi les valeurs de notre démocratie. Nous avons proposé, Conseil Général, Métro et Ville de Grenoble, de contribuer avec l’Etat à un dispositif global d’accueil d’urgence, dans une logique de mise à l’abri. Cette proposition a été refusée à plusieurs reprises par l’Etat. Hier encore, le conseil d’administration du CCAS a voté un vœu que le Maire de Grenoble a transmis au Préfet de l’Isère (voir ici).

Bien sûr, la prochaine baisse des températures justifiera des ouvertures de places qui soulageront en partie ces situations, même si beaucoup resteront cachées. Comme les années passées, il est probable que le dispositif hivernal grossira jusqu’au printemps, avec, de nouveau, la difficile gestion de la « sortie du dispositif hivernal », et ses remises à la rue. .. avec la perspective de nous battre jusqu’à l’hiver prochain.

Il est temps que cesse cette spirale infernale, qui non seulement broie les personnes, mais développe aussi les violences et les haines dans notre société. C’est un enjeu que la gauche doit porter dans les prochaines échéances démocratiques, sans rien renier de ses valeurs, et en refusant le terrorisme de l’idéologie nauséabonde de « l’appel d’air » que la droite a réussi à faire régner. Au plan local, nous essayons de tenir bon, d’abord grâce à la mobilisation d’associations et de citoyens. Mais il est temps qu’une gauche résolue à répondre à ces défis sociaux succède au plan national à cette droite rance qui fait son miel politique de la souffrance humaine.

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Actualités
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 17:55

Depuis l’aGrenoble-20111202-00284.jpgn passé, nous avons décidé, avec ma collègue Florence Hanff, de proposer aux personnes âgées grenobloises, en plus du traditionnel repas de Noël, des débats citoyens sur les sujets qui intéressent leur vie quotidienne : le logement, les déplacements, la santé, la sécurité, la vie sociale et culturelle, l’engagement bénévole…  Autant de sujets qui, cette année, ont réuni plus de 300 personnes sur les six jours et des intervenants (outre les élus concernés), comme Michel Issindou, le président du SMTC, Françoise Bouchaud pour le Secours catholique ou Denise Saillard pour France Bénévolat.

Si la formule reste perfectible, l’intérêt de ces débats est évident : trop rares sont en effet les espaces d’échanges dédiés à la prise en compte des personnes âgées dans l’ensemble des politiques publiques, alors que c’est tellement nécessaire ! Du besoin de penser une offre culturelle adaptée, par exemple en termes d’horaires, au manque de sécurité des piétons notamment face à certains comportements de vélocyclistes, en passant par les voies et moyens d’accompagner l’engagement bénévole de ces « jeunes retraités » qui ont tant à apporter au secteur associatif, les enjeux évoqués ont été aussi nombreux que variés.

Grenoble-20111206-00301.jpgCe sont d’ailleurs souvent les mêmes préoccupations qui ont alimenté les discussions que j’ai pu avoir avec les près de 3000 personnes âgées qui ont participé aux 6 repas organisés par la Ville et son CCAS. Au-delà de la chaleur humaine et du plaisir à partager un moment convivial dans une période aussi dure,  notamment pour les personnes âgées isolées, et toujours avec le sourire, j’ai ainsi pu répondre à des motifs de satisfaction, comme la possibilité offerte depuis septembre dernier aux personnes âgées de plus de 75 ans de voyager gratuitement en heures creuses sur le réseau de transports en commun, mais aussi à des mécontentements ou des inquiétudes, par exemple sur l’entretien de certains espaces publics ou la tranquillité publique.

Loin de la caricature qui en est parfois offerte, ces repas de Noël sont à la fois un moment précieux de convivialité et d’amitié pour nos aînés, et un temps d’échange bienveillant, parfois grave, avec les élus. Avec ces débats citoyens, nous continuerons de mêler plaisir d’être ensemble et échanges citoyens !

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Actualités
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