Sociologue émérite, spécialiste reconnu des questions d’éducation et de travail, François Dubet livre dans son dernier ouvrage, « Les places et les chances » (La républiques des idées, Seuil, 2010) une analyse aussi édifiante qu’indispensable de la dérive inquiétante de notre société, et plus spécialement de l’action sociale et éducative, qui consiste à substituer la « justice des chances » à la « justice des places ».
En clair, notre modèle social s’est construit depuis la révolution industrielle sur la lutte pour des droits démocratiques et sociaux visant à l’amélioration des conditions de vie de la classe ouvrière, du salariat, et plus globalement, de tous les travailleurs qui produisent la richesse de la société et n’en reçoivent qu’une fraction marginale. Cette conception du progrès social est au fondement de la gauche syndicale et politique, qui a fait du recul des inégalités le moteur et le substrat de son identité. Cet engagement pour améliorer la vie des plus fragiles repose sur une vision de la justice sociale fondée sur « l’égalité des places », c'est-à-dire l’idée que l’ordre social de la société importe moins que la limitation des écarts sociaux. Ce modèle, qui privilégie l’amélioration de la place de chacun et le resserrement des positions à l’ambition de la mobilité sociale, est au fondement de notre conception de l’Etat providence et de la République sociale issue du programme commun de la Résistance.
Concrètement, l’égalité des places suppose une politique active de redistribution fiscale, illustrée en France par l’importance des transferts sociaux (l’écart de revenus entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres est d’un facteur 6 avant impôts et tombe à 3,5 après les transferts sociaux, preuve selon F. Dubet que le « capitalisme est réformable »). Elle induit aussi des services publics forts et la création d’équipements collectifs qui visent à « démarchandiser » l’accès à certains biens en les mettant à disposition de tous. Enfin, elle enserre les individus « dans un système de créances et de dettes sociales » vis-à-vis de la société : c’est l’idée du contrat social qui fonde l’appartenance à la communauté nationale sur l’utilité sociale, avec pour conséquence notre modèle laïque d’intégration.
Depuis plusieurs années, ce modèle d’égalité des places est critiqué, avec raison, pour son caractère « conservateur » vis-à-vis de l’ordre social et, plus grave, pour son incapacité à intégrer les exclus dans la mesure où son système social est organisé autour du travail. C’est ainsi que l’égalité des places, dans le contexte d’une crise économique et sociale longue et dure, produit une société à deux vitesses : celle des « insiders » qui se battent pour conserver leur position et celle des « outsiders » qui doivent lutter durement pour intégrer la partie protégée de la société. Les conséquences de cette tension, et la façon dont elle détruit le lien social, sont notamment analysées par Eric Maurin dans son dernier ouvrage, « La peur du déclassement » (voir ce post). François Dubet à son tour, pose le risque que « la protection des places entrave la réduction des inégalités entre ces places » et reprend à son compte l’interrogation conclusive d’Eric Maurin : faut-il accepter plus d’inégalités (donc revenir sur des protections et favoriser la mobilité sociale) ou plus de chômeurs (et donc maintenir les frontières entre inclus et exclus) ?
Par ailleurs, et c’est très éclairant sur la concurrence idéologique entre « première » et « deuxième » gauche, l’égalité des places privilégie une organisation centralisée et descendante de la société, fondée en France sur la place de l’Etat, que la deuxième gauche critiquait pour son conservatisme social, sa propension à infantiliser les citoyens, son incapacité à « domestiquer » le capitalisme en se limitant à lui fixer des contraintes, alors qu’elle privilégiait la mobilisation de la société, la décentralisation, le jeu d’intérêts réciproques contractualisés entre acteurs sociaux pour instituer une réelle « cohésion sociale » fondée sur l’action, et pas seulement l’adhésion, des individus. Ce que critiquait la deuxième gauche, au fond, dans le système étatique français d’égalité des places, c’est sa propension à créer une « société de défiance », où chacun « serait dépendant de l’action publique et verrait dans les autres un rival plutôt qu’un partenaire », ce qui rejoint les dénonciations idéologiques, à droite (et qui doivent être bien distinguées), de « l’assistanat ».
Enfin, force est de constater aujourd’hui l’échec du « creuset français » d’intégration issu de l’égalité des places : François Dubet rappelle justement qu’à « diplôme égal ou supérieur au bac, le taux de chômage des jeunes Maghrébins est le double de celui des jeunes Français dont les parents sont nés en France (28% contre 14%) ». La situation sociale dans de nombreux quartiers vient chaque jour illustrer les conséquences de cet échec : « au modèle de l’immigration conçue comme un parcours transformant progressivement l’étranger en national, se substitue la formation de minorités qui ne parviennent pas à entrer dans la société et coproduisent les processus d’exclusion dont elles sont les victimes ».
Ainsi, malgré ses avantages et ses réussites, le modèle d’égalité de places aurait vécu. Adapté à la croissance économique, il serait devenu dangereux après plus de 30 ans de crise, entraînant désespérance sociale, inégalités accrues et développement du communautarisme. Il serait donc urgent de signer l’acte de décès du « modèle social français », archaïque, conservateur et, au final, antisocial, pour lui substituer une vision plus libérale et responsabilisante pour les individus, celle de l’égalité des chances.
Quand l’idéologie sociale de la droite s’est largement construite sur la responsabilité individuelle et la notion de mérite, la fin annoncée de l’égalité des places a entraîné largement la gauche à s’approprier ces valeurs en les transformant, toujours dans une démarche de réduction des inégalités, pour s’arroger le concept d’égalité des chances : puisque l’objectif de réduire les inégalités en améliorant la situation des classes populaires serait devenu illusoire voire contre-productif, le rôle de la gauche serait de garantir l’accès de chacun à toutes les positions dans la société, substituant la notion d’équité à celle d’égalité.
Il est vrai qu’au-delà de la force du slogan (« l’égalité des chances » figure en tête de gondole dans tous les programmes électoraux, de droite comme de gauche), ce modèle renvoie à la tradition « libérale » (au sens que lui donnait les Lumières et issue de la Révolution française et notamment de l’abolition des privilèges) de la gauche, celle qui considère que tous les citoyens doivent avoir non seulement les mêmes droits, mais aussi, et peut-être surtout, les mêmes opportunités : la pire injustice serait celle du « plafond de verre » social, c'est-à-dire la résignation à sa condition d’origine. De fait, depuis l’origine, la lutte contre la reproduction ou l’endogamie sociale et contre tous les types de déterminismes liés à la naissance, à l’origine, au sexe, au cadre de vie… fait partie de l’identité syndicale et politique de la gauche.
Valeur ou principe incontesté dans notre société, l’égalité des chances inverse la logique de l’égalité des places : dès lors que « la société se conçoit comme une mosaïque de groupes définis par leurs chances plus que par leurs places », ce qui compte, c’est désormais de placer tout le monde sur la même ligne de départ, d’agir sur les déterminants des inégalités plutôt que d’en enrayer les effets. De fait, le contrat social devient minimal, puisqu’il ne « porte que sur l’égalité initiale ». Ainsi, la lutte contre les discriminations se substitue aux logiques de redistribution, et les politiques ciblées en direction de groupes discriminés prennent le pas sur les actions universelles. En sus, écrit F. Dubet, « alors que le modèle des places en appelle à la tolérance ou à l’indifférence, le modèle des chances associe le refus des discriminations à une exigence de reconnaissance », ce qui explique qu’il soit lié à un « combat culturel ». Autre inversion importantissime, « l’enjeu de la vie sociale se déplace des institutions vers les individus », puisqu’au final, l’échec ou la réussite sociale ne dépendra plus que du mérite individuel, ce qui peut constituer une réponse à la « société de défiance » qui déresponsabiliserait les citoyens par l’omniprésence de l’Etat providence. Là où le modèle des places s’évaluait en fonction de l’échelle des inégalités constatées à l’intérieur de la société, le modèle des chances se jauge en fonction d’un autre indicateur, celui de la mobilité sociale. Plus la société serait mobile, plus elle serait juste envers les individus, les inégalités constatées n’étant que la conséquence des performances individuelles.
Si personne ne peut nier le droit des individus de prétendre à toutes les opportunités et si la réalité cruelle des discriminations impose de les combattre, ce que démontre de manière limpide François Dubet, c’est combien la seule logique de l’égalité des chances est non seulement mortifère pour la justice sociale, mais en sus contre productive en terme de lutte contre les inégalités… et même de promotion de la mobilité sociale.
En effet, l’idéologie des chances repose sur une illusion, voire un mensonge, sociologique : il serait possible d’abolir complètement les inégalités d’origine pour donner les mêmes chances à tous. Au nom de cette illusion, les politiques d’égalité des chances se défaussent de l’enjeu de la réduction des inégalités, et les exemples des Etats-Unis et de la Grande Bretagne montrent que non seulement les inégalités se sont creusées, mais aussi que la mobilité sociale est restée plus faible qu’en France (contrairement à une idée communément répandue, un fils d’ouvrier a plus de chances de devenir cadre en France que dans ces pays). Il faut dire que les idéologues contempteurs de l’égalités des places ont essentiellement centré leurs critiques sur les « privilèges des assistés », et François Dubet de noter que « c’est toujours dans les sphères les plus élevées de la société que l’on mesure l’effectivité de l’égalité des chances » (comme le montre la mise en exergue de la question de l’accès aux grandes école en France), ce qui entraîne, presque naturellement, une « indifférence aux pauvres » assez caractéristique du monde anglo saxon (j’y reviendrai prochainement par l’analyse de l’ouvrage remarquable d’Alain Ehrenberg, La société du malaise)… et de plus en plus notable en France comme le montrent les enquêtes « conditions de vie et aspirations des Français » du Credoc (http://www.credoc.fr/departements/aspi.php). Toujours est-il que, selon l’auteur, « ce tropisme élitiste est une sorte de lapsus révélant que, dans les faits, l’égalité des chances est plus sensible au succès et aux parcours glorieux de quelques uns qu’à l’échec du plus grand nombre ».
C’est à mon sens le point central de la critique de l’égalité des chances opérée par François Dubet : cette idéologie est profondément darwinienne en ce sens qu’elle valorise le fort et se soucie peu du destin du faible, qui devient responsable de son état. En terme de politique sociale, elle substitue le jugement moral à l’analyse de la réalité sociale, exonérant la société de ses responsabilités : dès lors que l’on a assuré à chacun les chances de réussir dans la vie, l’individu reste seul face à son échec et ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Que devons-nous à celui qui est pauvre, non pas à cause de dysfonctionnements de notre société dont tous les citoyens sont collectivement responsables, mais parce qu’il n’a pas fait ce qu’il fallait, qu’il n’a pas assez travaillé à l’école, ne se lève pas tôt, présente mal, etc… On retrouve bien là la culpabilisation de la pauvreté du discours de la droite actuelle, qui explique par exemple que l’octroi des aides sociales s’apparente de plus en plus à un parcours du combattant pour le bénéficiaire, avec les logiques de contrôle social, de lutte contre la fraude… comme s’il s’agissait moins d’une exigence de solidarité que d’une aide qui devrait conditionnée à l’exemplarité du bénéficiaire, dont on attend au final qu’il « mérite » la solidarité nationale. De la même manière, l’égalité des chances justifie les mécanismes d’individualisation de tous les systèmes de garantie collective : dès lors que chacun a eu sa chance, pourquoi payer pour le risque de dépendance des autres quand je peux, selon mes revenus, donc la matérialisation de mes mérites, m’assurer individuellement ? Au final, c’est tout le système social qui est progressivement gangrené par une idéologie qui a force d’évidence mais dont les effets sont à l’inverse de ses objectifs : l’égalité des chances, en réalité, asservit plus les individus qu’elle ne les libère, parce qu’elles les soumet à une concurrence totale sans souci de ses conséquences.
Ainsi, « on échange une morale fondée sur la dignité des travailleurs contre une morale de sportifs de haut niveau », écrit François Dubet. « En suggérant que la capacité de saisir ses chances est associée aux mérites des individus, il devient possible de choisir ceux qui doivent être aidés. Le contrat social s’individualise. » Et, « paradoxalement, alors que l’égalité des chances veut promouvoir l’autonomie, elle retrouve les traits les plus réactionnaires de l’assistance sociale, au temps où les bienfaiteurs avaient le pouvoir de choisir leurs pauvres et leurs causes », ce qui explique le malaise grandissant des professionnels de l’action sociale et toute la réflexion sur les conséquences de la critérisation du travail social, qui vise justement à opérer cette sélection entre « bons » et « mauvais » pauvres.
Reconnaissons à François Dubet que si les dérives qu’il décrit ne sont pas nouvelles, la clé de lecture qu’il en offre, par l’interrogation du modèle idéologique de l’égalité des chances, pourtant considéré comme acquis à droite comme à gauche, est particulièrement féconde et lumineuse. D’autant qu’il ajoute à son analyse une réflexion approfondie sur les conséquences de cette idéologie sur le modèle de cohésion sociale et d’intégration français : « avec l’égalité des chances, on passe du couple exploitation / travail au couple discrimination / identité ».
Si le « creuset français » d’intégration a échoué, l’idéologie de la lutte contre les discriminations, conséquence directe de celle de l’égalité des chances, pose de graves questions. En effet, si l’égalité des chances suppose de lutter contre les déterminismes et donc contre les discriminations, cela signifie qu’il est nécessaire d’identifier et de reconnaître les handicaps sociaux et / ou culturels qui affectent individus pour pouvoir les corriger. « Concevoir les inégalités en termes de discriminations conduit à hiérarchiser les victimes qui ont intérêt à exhiber leurs souffrances et les injustices qu’elles subissent, afin d’obtenir l’avantage différentiel qui leur permettra de bénéficier de soutiens spécifiques. » On comprend mieux les logiques de concurrence des victimes et les querelles mémorielles, dès lors que l’égalité des chances ouvre une compétition générale et « met d’emblée les victimes en situation de concurrence ». Là où on pouvait reprocher au modèle de l’égalité des places de nier les identités et d’être indifférent à la réalité des discriminations, le modèle des chances « les exalte jusqu’à en faire une quasi obligation ». De fait, « ce mécanisme victimaire induit une obligation d’assignation » : profondément individualiste, ce modèle conduit les victimes à s’identifier à un collectif pour obtenir reconnaissance (terme qui a pris une importance considérable dans le débat public ces dernières années). En ce sens, « la reconnaissance participe de la nébuleuse idéologique et politique de l’égalité des chances », puisqu’elle est indispensable à toute mesure anti-discriminatoire. Et cette « obligation d’assignation » conduit les individus à se construire des identités victimaires marquées, en aller chercher celle qui présentera le maximum d’avantages.
Ainsi François Dubet rejoint-il les analyses d’Eric Maurin sur le « Ghetto français » (Seuil, 2004), qui stigmatisait l’échec des politiques de ciblage sur les quartiers défavorisés, mais surtout de Julius Wilson, spécialiste américain et longtemps thuriféraire des politiques de discrimination positive, qui en dénonce maintenant les effets, notamment sur l’impératif qui était de facto posé aux afro-américains de s’identifier à une « race » et l’injustice ressentie par les blancs pauvres, entraînant dans les années 1990 de graves tensions « raciales ». Avec, comme en écho, les émeutes dans les quartiers français en 2005 et la propension de nombreux jeunes à construire leur identité davantage en fonction d’une religion, largement méconnue et pourtant portée en étendard, que d’une situation sociale. Ainsi l’égalité des chances est-elle non seulement assignatrice d’identités largement recomposées ou artificielles, mais elle est crée un climat de concurrence des identités victimaires dont chacun mesure aujourd’hui la nocivité sur la cohésion sociale et même « l’identité nationale ». Quand la question sociale disparaît derrière le combat culturel et la bataille des identités, c’est en fait notre modèle Républicain qui est sapé sur ses fondements.
Penseur de la complexité, François Dubet ne livre pas une vérité simple : son ouvrage, très didactique, est construit comme une analyse comparée et équilibrée entre les deux modèles de justice sociale, dont il révèle les avantages comme les inconvénients. Mais refusant la posture du scientifique « neutre », François Dubet s’engage en faveur de l’égalité des places, en invitant la gauche à clarifier son projet et sa pensée.
Bien sûr, à aucun moment l’auteur ne plaide contre la lutte contre les discriminations ou ne juge illégitime l’aspiration de tous à l’égalité des chances. Mais il demande à la gauche de garder le cap de la justice sociale, c'est-à-dire de tenir le gouvernail fermement dans la direction de son identité profonde, l’égalité des places, et de ses outils (la redistribution, les services publics, l’intégration laïque). Même s’il reconnaît que des réformes de ce modèle sont indispensables compte tenu de ses effets négatifs, comme par exemple « les esquisses des politiques de flexisécurité », qui visent à combattre le constat actuel selon lequel « les avantages acquis sont payés par ceux qui n’en ont pas ».
Il avance en conclusion trois séries d’arguments qui peuvent nourrir le débat à gauche :
- l’égalité des places reste le modèle le moins inégalitaire, donc le plus favorable aux plus faibles. C’est le sens historique de la gauche que de rester de leur côté, et François Dubet de rappeler les analyses sociologiques sur les liens entre développement des inégalités, accroissement de la violence et dégradation de la santé des individus.
- l’égalité des places « rend davantage justice au modèle des chances que ce modèle lui-même », puisque la mobilité sociale est plus forte dans les sociétés qui le privilégient encore. Ce sont « les places qui déterminent les chances », dans la mesure où « il est plus facile de se déplacer dans l’échelle sociale quand les écarts entre les différentes positions sont relativement serrés. »
- l’égalité des places reste un modèle viable d’intégration républicaine, à condition de « séparer radicalement les droits sociaux et les droits culturels » de manière à « détacher la reconnaissance de la redistribution », dans la mesure où la « lutte pour l’égalité des places a pour effet d’affaiblir le couple formé par les différences et les inégalités ».
Les responsables politiques donnent trop souvent l’impression de subir les évolutions profondes de notre société, particulièrement à gauche, comme si nous manquions d’une grille d’analyse globale qui respecte nos valeurs et permette de proposer un changement réellement porteur de justice sociale. Avec cet ouvrage remarquable, François Dubet apporte à mon sens une contribution décisive à la reconstruction intellectuelle de la gauche, tant sa lecture des enjeux sociaux au travers des « places » et des « chances » est féconde et complète.
Au plan local, l’action sociale portée par le CCAS a été redéfinie il y a un an, au travers du nouveau plan d’actions, autours de trois priorités : la redistribution, l’action collective et la fraternité, qui renvoient – modestement – à l’analyse de François Dubet et me semblent porteuses d’une véritable politique sociale engagée à gauche.
Plus généralement, en nous invitant à ne pas revenir sur nos valeurs et nos options fondamentales (la redistribution, les services publics, la laïcité) et à enrayer l’illusion politique et sociale de l’égalité des chances, François Dubet est porteur d’une exigence à laquelle la gauche devra répondre, au plan local et surtout au plan national : celle, enfin, d’adresser « une offre à ceux qui ne se reconnaissent plus dans les représentations politiques de la vie sociale ».
