Elu depuis mars 2008 dans l’équipe conduite par Michel Destot, je suis en charge de l’action sociale et familiale, et à ce titre vice-président du centre communal d’action sociale (le Maire est
président de droit). Je suis par ailleurs co-président de la commission « logement – habitat » de la Métro et vice-président d’Actis, premier bailleur social de Grenoble.
Agé de 33 ans, marié et père de trois enfants, mon parcours politique remonte aux années 1993 – 1994, époque à laquelle je commence un engagement militant à la fois au Mouvement des Jeunes
Socialistes et au Parti Socialiste.
J’ai grandi à Paris, dans le 13ème arrondissement, aîné d’une famille de 4 enfants. Mon père est journaliste et ma mère conseillère pédagogique. Je suis arrivé à Grenoble en 1995 pour
reprendre mes études, que j’avais suspendues peu de temps après mon bac pour me consacrer avec des amis à ma passion du théâtre. Je savais à l’époque que mon absence totale de talent sur les
planches me faisait l’obligation de regagner « le droit chemin », quand nombre de mes amis ont poursuivi leur destinée artistique.
Déjà militant socialiste et passionné par l’action publique, la voie des instituts d’études politiques me semble alors la plus naturelle et me permet de quitter la capitale pour mener ma vie.
C’est en passant les concours que j’ai découvert Grenoble : en quelques heures, j’ai été emballé par la ville, son tramway et son campus à l’américaine. Je m’installe à Grenoble en septembre
1995, avec l’obligation de trouver un job pour financer mes études et gagner ma vie : pendant près de deux ans, je serais serveur – plongeur à la cafétéria Casino de St Martin d’Hères une
trentaine d’heures pas semaine. Dans le même temps, je m’engage au sein d’un mouvement étudiant, intitulé « Mendes », je participe à la création de « Nouvelle Gauche » au sein
du parti socialiste, petite organisation essentiellement issue du MJS autour de Benoît Hamon, et je deviens un des responsables régionaux du mouvement « Agir », fondé par Martine Aubry.
Avec notre petit groupe d’amis – militants, nous sommes alors en liens avec la nouvelle équipe municipale qui vient de gagner Grenoble dans les circonstances que l’on sait, et je rencontre des
personnalités qui compteront beaucoup pour moi à l’avenir, Michel Destot, bien sûr, mais aussi Jérôme Safar, Geneviève Fioraso…
Lors de la dissolution de 1997, je suis président de l’association Mendes et je suis invité à me joindre à l’équipe de campagne, puis, une fois l’élection passée, à l’équipe des collaborateurs
parlementaires du député ré-élu. Entre la plonge à Casino et le travail parlementaire, je n’hésite pas ! De fait, l’activité de collaborateur parlementaire me passionne, en particulier dans
les nombreux suivis de situations sociales difficiles. Désireux de ne pas limiter mon activité aux bureaux de l’avenue Alsace – Lorraine, je mets en place des permanences à Mistral, au sein de
feu la « MPT Mistral » d’Hassen Bouzeghoub (devenue « Le Plateau »), et je tente d’installer ces permanences à la Villeneuve, avec moins de réussite… Cette période en prise
avec le quotidien, à l’intérieur des équipements sociaux mais aussi des bistrots ou des appartements des personnes a été d’une richesse humaine formidable. C’est aussi l’époque des lois
Chevènement et des dossiers de régularisation, avec son lot de drames humains et d’engagements passionnés pour les causes les plus belles, puisqu’elles mettent en jeu l’avenir d’individus et de
familles.
Très vite, la place prise par ces engagements à la fois professionnels et militants n’est plus compatible avec la poursuite de mes études. Mon diplôme de l’IEP en poche, mon inscription en DEA
restera sans suite puisqu’une opportunité m’est proposée à l’automne 1998 : celle de rejoindre le cabinet du Maire, alors dirigé par Geneviève Fioraso, en tant que chargé de mission. J’ai 22
ans et je plonge définitivement, sans le mesurer, dans un milieu et une vie qui vont m’absorber jusqu’à aujourd’hui. Je m’investis notamment dans le suivi du Conseil National des Missions
Locales, présidé par Michel Destot, qui me permet non seulement d’apprendre énormément sur ces politiques publiques essentielles qui concernent 2 millions de jeunes en France, mais aussi de
travailler avec le cabinet de Martine Aubry et la délégation interministérielle à l’insertion des jeunes, mesurant l’importance des articulations entre politiques nationales et locales.
L’image de Grenoble, à cette époque, est encore très marquée par l’ombre d’Alain Carignon et je participe, modestement, aux efforts de toute l’équipe municipale pour redresser cette image et
relancer la ville. Pour ce faire, la stratégie du Maire est simple : valoriser les atouts de la ville plutôt que faire fructifier le capital politique des « affaires Carignon ».
C’est l’époque des premières réussites qui permettent de relancer le développement économique grenoblois, et qui doivent beaucoup à l’implication de Michel Destot et Geneviève Fioraso, en lien
avec Jean Therme, alors patron du Léti – CEA. De cette période passionnante, je retiens à la fois la sagesse du Maire qui a privilégié l’intérêt à long terme de sa ville sur la communication
polémique à rentabilité immédiate, et la passion du développement de Grenoble qui nous animait tous, alors que la croissance mondiale repartait et que la gauche plurielle au pouvoir semblait si
forte…
Fin 1999, Jean Boutry devient Directeur de cabinet et je suis nommé chef de cabinet. Je m’investis davantage dans les dossiers économiques et je suis désormais en charge, en plus de la
supervision de l’agenda, du protocole et des relations extérieures, des questions de sécurité. Avec les municipales de 2001, j’effectue à partir de fin 2000 un intérim partiel de la direction du
cabinet (Jean Boutry étant candidat à Cran-Gevrier, ville dont il est Maire depuis cette date), confirmé après les élections. Ainsi, de début 2001 à début 2008, j’assure la direction du cabinet
de Michel Destot. Je ne vais pas ici résumer sept années d’une responsabilité très lourde, et d’une activité foisonnante, souvent stressante, parfois dramatique. J’en retiens aujourd’hui d’abord
le travail qu’il m’a fallu fournir pour devenir légitime dans cette fonction, alors que je n’ai pas 25 ans lorsque je suis nommé. Il aura fallu une bonne dose d’audace au Maire pour me confier
cette responsabilité ! Ensuite, j’ai expérimenté durant cette période les bonheurs et les affres du management, devant diriger une équipe d’une vingtaine de personnes. Même si tout n’a pas
été parfait, je garde une grande fierté du travail collectif que nous avons accompli et beaucoup d’amitié et d’estime pour tous les membres de cette équipe.
Au plan politique, ce second mandat de l’équipe de Michel Destot est marqué par de grandes réussites, comme la troisième ligne de tramway, la requalification de Teisseire ou la MC2, et par de
vives polémiques sur le stade d’agglomération ou Minatec, dont chacun aujourd’hui salue le succès. En tant que directeur de cabinet, je suis chargé auprès du Maire du fonctionnement de la
majorité municipale, donc des relations avec les groupes politiques. Inutile de préciser combien cette charge a été prenante et pleine d’enseignements, notamment sur l’écart entre la qualité des
échanges humains et la violence, voire la médiocrité, de la polémique publique…
Toujours est-il qu’au moment des élections municipales de 2008, ayant décidé en tout état de cause de ne pas poursuivre comme directeur de cabinet, fonction épuisante et « asséchante »
pour soi-même, j’étais face à l’alternative de continuer dans la voie politique, et donc de m’affronter à l’élection, ou bien de changer totalement de voie, de vie. Cette dernière option a eu
longtemps ma préférence, d’une part parce que j’avais besoin de « changer d’air » et que j’ambitionnais de m’engager dans d’autres passions (la culture du vin ?), et d’autre part
parce qu’étant arrivé au métier politique par le militantisme, je n’avais pas l’intention de devenir une sorte de mercenaire des cabinets politiques. Au final, l’envie de poursuivre l’aventure
collective derrière Michel Destot et d’éprouver mes capacités personnelles dans de nouvelles responsabilités l’a emporté. J’ai donc accepté de diriger la campagne électorale de Michel Destot,
quittant prématurément mes fonctions en mairie, avec la perspective d’une responsabilité d’adjoint au Maire… à l’action sociale seulement !
Militant socialiste depuis que j’ai une conscience politique, la question sociale est le cœur de mon engagement. Après avoir travaillé comme collaborateur sur de nombreux sujets, y compris le
social, je ne pouvais imaginer prendre une responsabilité d’élu que dans ce domaine, avec un véritable besoin de redonner du sens à mon engagement militant et citoyen, et avec l’immodestie
d’espérer apporter quelque chose. C’est cet engagement et cette même démarche qui sont la raison d’être de ce blog. Plus que le récit illustré de mon activité d’élu ou de mes réactions à
l’actualité, je souhaite faire de ce blog un modeste espace de réflexion sur le sens et les moyens de l’action d’un élu local en charge des politiques sociales. Seul internet offre aujourd’hui
cet espace de liberté et je souhaite m’en saisir en espérant que ce travail d’abord personnel, qui me sera essentiel pour mieux formaliser des analyses et tenter de les faire partager, saura vous
intéresser.