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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 20:19

7286 151 Maison-Des-HabitantsWebNous étions plus d’une soixantaine réunis jeudi 8 décembre à la Maison des Habitants du secteur 3 pour lancer ensemble le « comité des usagers ».

Habitants des Eaux-Claires, de Mistral, du Lys rouge, d’Abry et de Libération, nombreux étaient les citoyens mobilisés pour cette initiative nouvelle, qui vise à donner pleinement leur place aux usagers dans ces maisons qui concilient services publics, présence associative et espaces de rencontres et d’engagement pour les habitants.

Grace au très bon travail préparatoire des professionnels, la soirée a permis, au sein de plusieurs groupes de travail, de faire émerger les thématiques de mobilisation voulues par les habitants : la mixité sociale dans le logement, les rapports à l’école, les liens entre quartiers, l’accueil et l’information des nouveaux arrivants… gensavec une volonté claire de fédérer autour de ce comité des usagers l’ensemble des acteurs des quartiers, de concert avec les unions de quartier et le conseil consultatif de secteur.

Avec ma collègue Laure Masson, nous avons largement évoqué le nouveau projet des Maison des Habitants (voir ici) et la volonté d’ouverture qui nous anime, tant en direction des associations qui sont indispensables tant pour l’accès au droits que pour l’animation de ces lieux collectifs qu’envers les habitants, comme le montre la réussite des fonds de soutien gérés directement par les habitants volontaires. 

Ces comités d’usagers seront-ils d’abord des lieux de rendu-compte, d’échange voire de confrontations entre habitants, professionnels et élus ? petit-dej-08-12-11-004.jpgOu seront-ils davantage des espaces de mobilisation collective pour travailler ensemble à faire progresser le « vivre ensemble » dans nos quartiers ?

Les habitants présents ont clairement préféré la seconde option, avec un engagement très fort à poursuivre la démarche (certains souhaitant un rythme de deux réunions mensuelles) pour donner pleinement leur pleine mesure à ces équipements collectifs qui seront d’abord ce que les habitants en feront, soutenus par les professionnels et les élus.

Encore une petite pierre qui vient enrichir notre projet de développement social, qui place la demande sociale au cœur des politiques publiques…

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Actualités
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 15:06

 

A l’issue d’un processus d’écriture qui s’est largement appuyé sur le recueil de la parole des chibanis (« cheveux blancs »), ces vieux migrants d’aujourd’hui, venus en France dans les années 60 porter par leur travail la croissance des « 30 glorieuses » et délaissés depuis tant d’années, Nasser Djemaï a écrit et mis en scène « Invisibles », une formidable pièce de théâtre coproduite par la MC2 et à voir absolument, jusqu’au 3 décembre (c’est ici pour plus d’infos).

photo-invisible.jpg Avec  une tendresse infinie, un humour tout en dérision de soi et des autres, un recul sur l’histoire et une émotion toujours sensible, comme un fil tendu tout au long de la pièce, Nasser Djemaï raconte la quête d’un père par un jeune homme plongé au cœur de la vie quotidienne d’un foyer Adoma (ex Sonacotra), et qui va trouver plus qu’un père : une famille de destin, unie par la conscience collective de ces vies broyées par un colonialisme économique qui a toujours déconsidéré cette main d’œuvre immigrée assignée aux tâches les plus pénibles, aux cadences les plus fortes, aux risques d’accidents les plus élevés. Chaque itinéraire que nous retrouvons au travers des cinq résidents du foyer (tous interprétés par des acteurs superbes) éclaire mieux que tous les discours les choix et les souffrances intimes de ces hommes qui ont renoncé à leur vie de famille, les révoltes de citoyens qui ont vécu et soutenu l’indépendance, et ont eu le sentiment d’avoir été trahi de partout, notamment par la France, et au final, quand les rêves se révèlent des illusions, cette forme de sagesse dans le renoncement, dans l’effacement, que certains ont trouvé. Comme si l’invisibilité était une condition de l’apaisement, du repli sur une fraternité de semblables, pour continuer à vivre, tout simplement. Au-delà de la mise en lumière émouvante de la réalité de vie des chibanis, la pièce propose ainsi une subtile mise en abyme des choix, des modes et des rythmes de vie de chacun qui constitue une belle invitation à la réflexion.

Evidemment, l’incontestable qualité littéraire de la pièce et les réflexions intimes qu’elle ouvre ne doivent pas faire oublier son objet premier, qui a valeur de témoignage sur les conditions de vie des chibanis mais aussi d’interpellation de la conscience de chacun comme de la responsabilité politique. Né à Grenoble et ayant grandi à Teisseire, Nasser Djemaï connaît les associations qui accompagnent depuis des années les chibanis, tant pour les aider dans les dossiers administratifs (ah, ces impossibles dossiers de retraites !) que pour faciliter leur vie sociale. Il a d’ailleurs travaillé avec Fraternité – Teisseire et Pays’age pour la création des « Invisibles », associations qui réfléchissent actuellement avec la Ville et le CCAS pour étendre la création de café sociaux à d’autres quartiers, par exemple à Mistral et à la Villeneuve. Nous essayons aussi, avec la mise en place d’équipes gérontologiques territorialisées, d’inclure les vieux migrants dans toutes les initiatives d’animation et d’amélioration de la vie sociale, avec quelques succès, mais aussi des échecs tant il est difficile de dépasser les logiques d’entre-soi, quelles que soient les origines. Enfin, pour avoir visité l’ensemble des foyers Sonacotra il y a quelques années, parfois avec une terrible consternation tant les conditions de vie étaient indignes malgré les efforts des salariés, je ne peux que me réjouir que les démarches de reconstruction des foyers Adoma soient très engagées à Grenoble, offrant à ces vieux migrants qui ont construit notre ville une qualité de vie bien meilleure. C’est ainsi que la toute nouvelle résidence Beauvert sera inaugurée le 5 décembre prochain.

Comme un symbole que ces « invisibles » de la République ont en partie gagné, bien que trop tardivement, le respect et la reconnaissance qui leur sont dus.

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Actualités
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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 22:12

Quand la droite est en difficulté, elle puise dans  les vieilles la-droite-c-est-des-75-milliards-d-euros-de-cadeaux-fiscaux.jpgcasseroles qu’elle partage le plus souvent avec l’extrême droite. Ainsi, le terme d’assistanat, qui vient de l’ultra droite libérale et n’existait pas dans le vocabulaire courant il y a seulement 20 ans fait-il dorénavant partie des marronniers de la droite française, qu’elle ressort à chaque saison électorale, surtout lorsqu’elle se sent fragile.

Après la sortie honteuse de Laurent Wauquiez sur le « cancer de l’assistanat », qui comme d’habitude n’avait d’autre but que de tester et de préparer l’opinion, c’est l’encore président de la République qui se lance sans vergogne dans la mise en accusation publique des allocataires de minimas sociaux, présentés comme des fainéants qui vivent au crochet de la société, livrés à la vindicte populaire en enfilant tous les poncifs de la droite extrême dite « populaire » (voir ici la grotesque et productive brigade créée par M. Ciotti : 16 agents pour 10 plaintes !).

La première réponse doit être politique : les premiers fraudeurs de la solidarité publique, ce sont évidemment d’abord les exilés fiscaux, les amis de M. Sarkozy qui profitent du maintien, en ces temps de crise, du bouclier fiscal (800 millions d’euros de coût pour la collectivité), sans parler des plus riches, qui avec la réforme de l’ISF économiseront 1,8 milliards de francs. Au total, le PS chiffre à 10 milliards par le cout annuel du « paquet fiscal » promis par M. Sarkozy aux plus fortunés (voir ici).

Mais le rôle de la gauche doit aussi être de rappeler la réalité sociale, qui est aux antipodes des fantasmes véhiculés par M. Sarkozy et ses amis.

En premier lieu, la fraude aux prestations sociales est marginale.

Voici les chiffres donnés ce jour même par la CNAF sur l’accueil de son site internet, après le très bienveillant slogan « frauder c’est voler, celui qui fraude sera sanctionné » :

-         - 13 114 cas de fraudes ont été enregistrés en 2010 par la Caisse nationale des Allocations familiales, soit 10% de plus par rapport à 2009.

-          - 9 355 sanctions ont été prononcées, soit 18% de plus par rapport à 2009.

-          - le préjudice financier s’élève à 90 149 867 euros, soit 5% de plus par rapport à 2009.

Brrr… notre âme de bon contribuable et d’honnête citoyen frissonne déjà d’indignation !

Sauf que rapportés aux chiffres globaux d’activité de la CNAF en 2010 (trouvés ici), cela donne :

-          - 13 114 cas de fraude rapportés aux 11 281 380 allocataires : 0,12 %

-          - 9 355 allocataires sanctionnés : 0,08 % du total des allocataires

-          - 90 millions d’euros de préjudices sur 60 milliards de prestations : 0,15 % du budget global.

En clair, et même s’il est vrai que la fraude (qui est évidemment inacceptable) n’est pas intégralement repérée, il est communément admis par les scientifiques et les responsables de l’action sociale qu’elle est inférieure à 1 % des allocataires et à 1% des prestations. Il s’agit d’un taux tout à fait remarquable qui montre qu’il s’agit d’une pratique heureusement marginale, et qu’il n’est pas possible de diminuer sauf à augmenter encore davantage le non recours au prestations sociales.

C’est le second argument que le gauche doit porter : le débat sur la fraude masque la réalité sociale du non-recours, qui est au moins dix fois plus importante !

Il suffit se rendre sur le site de l’observatoire du non recours aux droits et aux services (Odenore) ou de l’observatoire des inégalités (ici et ici) pour apprendre par exemple que le taux de non recours au RSA socle est d’au moins 35 %, d’environ 25 % pour la CMU de base et entre 25 et 30 % pour la CMU complémentaire. Il est d’ailleurs proprement consternant que ces chiffres qui témoignent de graves difficultés dans la mise en œuvre de politiques sociales ne soient jamais cités ni par les responsables politiques nationaux ni par les médias.

Au final, et au-delà du commentaire politique sur la mystification honteuse que constitue la dénonciation de la fraude, l’enjeu pour la gauche de porter ces réalités sociales dans le débat public est essentiel. En effet, la droite a largement gagné la bataille de l’opinion depuis au moins deux décennies, comme le montrent les études "conditions de vie et aspirations des Français" du Crédoc qui témoignent du regard de plus en plus critiques de nos concitoyens vis-à-vis de l’action sociale. Comme un symbole, le terme d’assistanat est repris depuis quelques années par des responsables dits de gauche,  permettant aux fantasmes qui nourrissent la concurrence des misères de prospérer tranquillement, alimentant la peur /haine de l’autre. En définitive, si l’on ne combat pas la droite en dénonçant sur le fond les mythes comme la fraude ou l’assistanat sur lesquels elle fonde une partie de son « idéologie du mérite », c’est le crédit de l’action sociale et même la confiance de nos concitoyens dans la République sociale que la gauche laissera détruire.

Soyons donc fiers de nos valeurs, fiers de notre engagement pour la solidarité, ne laissons pas les caricatures scandaleuses brouiller la réalité sociale vécues par nos concitoyens, celle d’une société de plus en plus dure avec les faibles et de plus en plus complaisante à l’égard des puissants.

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Actualités
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 18:43

573891_Centre-Accueil-Tarze.jpegLe Maire de Grenoble, Michel Destot et les représentants des collectivités partenaires (Etat, Conseil général, Métro) ont inauguré auijourd'hui les nouveau locaux du centre d'accueil d'urgence de l'agglomération grenobloise et du CHRS Henri Tarze, dans le quartier Jean Macé.

Voici le texte du discours que j'ai prononcé à cette occasion, au nom du CCAS de Grenoble :

"Monsieur le député – maire,

Monsieur les vice-présidents du conseil général et de la métro,

Madame la directrice départementale de la cohésion sociale,

Mesdames et Messieurs les élus, chers collègues,

Mesdames et Messieurs les présidents et directeurs, chers partenaires et amis,

Mesdames, Messieurs,

 

Quel privilège que de pouvoir inaugurer aujourd’hui ces nouveaux équipements publics, quand on connaît à la fois leur impérieuse nécessité et la longue attente qui a précédé ce moment, particulièrement pour le centre d’accueil !

Cette longue attente justifie un rapide regard vers le passé.

Le CAM de la rue Durand Savoyat a été construit en 1957 à sa capacité de 55 places, la même depuis 54 ans, donc. Dès 1996, et mes collègue Christine Crifo et Jean-Philippe Motte s’en souviennent certainement, l’état du bâti comme sa non-adaptation aux évolutions des besoins des publics ont conduit le CCAS à initier un groupe de travail inter-institutionnel et inter-associatif qui a réfléchi, bientôt rejoint par le cabinet « Arpenteurs », à un programme qui est validé en 2001 par l’ensemble des partenaires (Etat, CGI, Ville de Grenoble mais aussi Métro qui acte à l’époque la vocation intercommunale du projet). Soit 5 années de réflexion et, au début des années 2000, l’espoir d’une réalisation rapide. Mais la complexité du projet et les contingences liées au bouclage des principaux financements ne rendent possible la production d’un premier APS qu’en 2006, par le cabinet ARCANE mandaté par la SEM Grenoble Habitat, maître d’œuvre du projet. Ce n’est qu’en 2008 que le terrain définitif est acté et acquis par GH, le permis de construire obtenu… tout semble sur le point d’aboutir jusqu’à l’été 2009, date à laquelle la SNCF se désiste du projet dans des conditions qui ne méritent pas que l’on s’y attarde. C’est à ce moment que nous décidons, avec le Maire, Jean-Philippe Motte, l’union de quartier que je veux remercier pour son engagement constant, et après échange avec les professionnels, de maintenir le projet en réalisant la reconstruction du CHRS Henri Tarze qui lui aussi le méritait bien : construit par Actis en 1977, ses 47 places nécessitaient soit une réhabilitation lourde très onéreuse, soit une reconstruction. Il aura fallu la mobilisation exceptionnelle des professionnels du CCAS, tant au siège qu’au sein du CAM et du CHRS, de ceux de GH et de la Ville de Grenoble, la compréhension des partenaires… pour que le projet aboutisse finalement.

Ainsi, le bâtiment que nous inaugurons aujourd’hui est le fruit de 15 années de réflexion, de travail, d’espoirs et de découragements pour les professionnels du CCAS, de GH, comme pour l’ensemble de nos partenaires institutionnels et associatifs, sans parler des usagers.

D’un coût total de 4,7 M€ pour le CAI et de 2,7 M€ pour le CHRS, il abrite, dans des conditions dont vous avez pu apprécier la dignité et la fonctionnalité, à la fois :

Grenoble-20111110-00136.jpg- les 64 places d’urgence du CAI réparties dans 3 espaces de vie (hommes, femmes, familles) ;

- les 47 places d’hébergement d’insertion d’Henri Tarze réparties dans 22 unités de vie, avec un nouveau projet éducatif davantage orienté vers l’autonomie sociale, avec notamment la création de cuisines individuelles et une mobilisation accrue vers l’emploi ;

- 6 des 9 places du dispositif « lits halte soins santé », les 3 autres places étant situées à la boussole, dont le financement est assuré par l’assurance maladie et qui sont autant de places d’accueil temporaire médicalisé pour des personnes qui combinent exclusion du logement et graves problèmes de santé ;

- la gestion du dispositif hôtelier, actuellement occupé par 460 personnes et financé pour deux tiers par le département, pour un tiers par l’Etat ;

- les nouveaux services intercommunaux POHI – SIA, qui organise pour le premier l’orientation des demandes d’hébergement à l’échelle de l’agglomération et qui permet pour le second un accueil et une orientation pour les ménages sans référent social.

Au total, ce sont près d’une quarantaine de professionnels du CCAS qui concourent à ces missions de service public. Je tiens à citer, en m’excusant par avance de ceux que j’aurai oubliés :

- les directeurs successif du CAM, Bernard Pelordet et Christian Chevalier, sans oublier Michelle Buttard qui assure aussi l’intérim de direction du POHI – SIA

- Bruno Montanier pour le CHRS Henri Tarze, Guilaine Dragon pour les LHSS en plus de la Boussole,

- sans oublier ceux qui ont permis cette réalisation au CCAS : Yves Clappier, qui a infatigablement coordonné les efforts de chacun et qui a mis beaucoup de lui-même dans cette réalisation, Pierre Meyer, Anne-Marie Bret et Paul Balestrieri.

Je veux enfin dire ma gratitude à l’ensemble du personnel qui a connu bien des incertitudes, bien des aventures, sur ce projet, et qui est toujours resté mobilisé sur l’essentiel. Nos échanges ont parfois été vifs, les situations ont été tendues. Mais je veux dire que j’ai vu beaucoup de sourire sur les visages lors des déménagements successifs, j’ai vu de l’entraide entre collègues, j’ai vu de la fierté pour les personnes accueillies, à la dignité en quelque sorte retrouvée. Le Maire a souligné à quel point les missions qui sont les vôtres sont difficiles, ingrates, souvent méconnues sinon méprisées. Et pourtant vous être le plus beau visage de l’action sociale, celui de la compétence alliée à des convictions.

J’ai beaucoup parlé du CCAS, alors que nous devons tant à nos partenaires :

-         aux financeurs, évidemment. L’Etat, bien sûr, dont c’est la responsabilité première, mais aussi le conseil général et la Métro, dont la mobilisation a été exceptionnelle, ainsi que la région qui nous a accompagnés sur la construction comme sur le mobilier.

-         aux maitres d’œuvre, et je veux dire ici à Jean-Philippe Motte et Eric Bart notre gratitude vis-à-vis de Grenoble Habitat qui a accompagné le projet dans tout ses revirements, acceptant sans cesse de revoir la copie, avec une pensée amicale particulière pour Bruno Raynfeld. Je veux aussi saluer la qualité du travail du cabinet ARCANE, que chacun de vous a pu apprécier.

-         aux associations qui sont nombreuses à nos côtés parmi nous. Rien de ce qui est fait ici ne pourrait l’être sans le partenariat exigeant que nous avons, qu’il s’agisse du 115 avec Ozanam, du secours catholique, de médecin du monde, de la Relève, de l’Arepi… je ne pourrais pas tous les citer. Je ne veux pas ici oublier les collectifs des bénévoles, Alertes et FNARS, qui portent une dimension militante qui est indissociable du travail social.

Car ce qui nous rassemble aujourd’hui, la force qui a finalement permis à ce projet ambitieux de se réaliser, ce sont les valeurs que nous partageons et que cet équipement fait vivre, même s’il a parfois le sentiment d’être le dernier des mohicans. Ces valeurs du CCAS et plus largement de l’action sociale sont d’abord celle du respect de la dignité de tout individu, la compréhension, la bienveillance vis-à-vis de ses difficultés ou de ses souffrances, la mobilisation de compétences pour accompagner chacun vers l’autonomie sociale, vers l’épanouissement de son projet de vie, dans le respect de sa liberté de choix. Nous sommes bien conscients que ces valeurs, pourtant consacrées dans des lois et traduites dans des droits pour les individus, ne sont pas toujours suffisantes en elles-mêmes. Nous savons la complexité de nombreuses situations, les contingences liées à la violence, au désespoir, à la pathologie. Nous mesurons les nécessités du bon usage de l’argent public. Mais nous ne pouvons taire nos désaccords et parfois notre indignation quand nous assistons à des reculs de la solidarité publique tels que nous apportons, c’est le cas en ce moment même à l’orée de l’hiver, bien plus de réponses négatives que positives, quand la dégradation des conditions d’accueil est organisée, quand ni le droit à l’accueil inconditionnel, ni le principe de continuité dans la prise en charge ne sont respectés. Si cette inauguration est un moment positif qui marque une avancée à laquelle chacun a pris part, y compris l’Etat et je le dis avec clarté, ce répit d’optimisme ne doit pas nous faire oublier la situation inacceptable de l’accueil d’urgence dans notre pays et à Grenoble notamment. Je veux ici redire notre solidarité pleine et entière avec les collectifs associatifs qui ont porté des revendications à la fois justes et raisonnables auprès de l’Etat.

Cet équipement CAI – Tarze, avec le dispositif hôtelier, les LHSS, le SIA et le POHI, est un lieu qui porte en lui les contradictions de notre société. Car s’il concentre beaucoup des souffrances qu’elle produit, il est aussi un formidable producteur d’espoir, par l’engagement de ses professionnels et de ses partenaires. A cet égard, la nouvelle dimension intercommunale du centre d’accueil, l’engagement résolu de la Métro dans l’hébergement, allié au soutien constant du CGI, sont un gage de réussites futures : c’est bien à l’échelle de l’agglomération que doivent se penser les parcours hébergement – logement, tant en terme de création de capacités adaptées que d’accompagnement de parcours sociaux. D’autant que les formes de pauvreté et de précarité évoluent malheureusement : quand le secours catholique nous rappelle récemment l’aggravation dramatique de la précarité des jeunes, c’est la fondation Abbé Pierre qui tire la sonnette d’alarme sur celle de personnes âgées de plus en plus isolées et de plus en plus pauvres. Sans parler des conséquences exponentielles de l’éclatement des structures familiales, de la misère cachée qui se développe à mesure que les droits des résidents résidents ou des demandeurs d’asile étrangers se réduisent… Les défis devant nous sont considérables et nous aurons évidemment besoin d’un engagement sans cesse plus large au plan des territoires et plus collectif dans sa mise en œuvre.

J’ai coutume de rappeler que l’on juge une société à la manière dont elle prend soin des plus fragiles. L’équipement que nous inaugurons ce jour est un lieu d’alterité et d’égalité. D’altérité, parce qu’il permet d’aider celui en a besoin avec davantage de capacité à le faire dans le respect de son intimité, de son intégrité, de sa dignité, bref, de son humanité. D’égalité, parce que tout est mis en œuvre pour que chacun soit ici un citoyen pleinement respecté dans ses droits et dans sa liberté. En ce sens, nous sommes ici au cœur de la République, et ce n’est pas seulement le visage de Grenoble qui est un peu plus beau avec cet équipement aujourd’hui, c’est bien celui de toute l’agglomération.

Je vous remercie de votre attention en formulant un dernier vœu : puissions-nous, autant que nous sommes, conserver cette même capacité, pendant les 15 prochaines années, à vouloir ensemble améliorer la prise en charge des plus exclus !"

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Actualités
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 23:49

 

J’ai présenté ce jour au conseil municipal le rapport de l’activité 2010 du CCAS de la Ville de Grenoble. En cette journée mondiale du refus de misère, j’ai d’abord redit la solidarité de la municipalité avec les associations qui se sont largement mobilisées pour dénoncer la politique du gouvernement : "les moyens diminuent, la misère augmente".

 

Ce rapport d'activité 2010 se situe évidemment dans un contexte de crise sociale au plan national, comme l’illustre l’évolution de la part de la population qui vit sous le seuil de bas revenus (13% en 2008, 13,5 % en 2009, près de 14% en 2010), mais aussi local puisque près de 23 % des Grenoblois se situent sous ce même seuil.

 

2010 a donc vu se durcir l’environnement du CCAS avec dans le même temps une augmentation des besoins sociaux (voir ici l’analyse des besoins sociaux 2010) et une raréfaction des financements publics, alors même que nous devons poursuivre le redressement de la situation financière du CCAS tout en mettant en œuvre le plan d'actions 2009 – 2014 ! Il a donc fallu trouver un chemin étroit entre ces contraintes apparemment inconciliables, et,  sans prétendre que tout a été parfait, je pense que ce rapport démontre que nous y sommes parvenus. Je veux dire ma gratitude et ma reconnaissance aux administrateurs et aux services pour le travail considérable réalisé.

 

Ainsi, nous avons à la fois accéléré le redressement financier de l'établissement public (avec un exercice financier proche de l’équilibre), et développé les services proposés à tous les Grenoblois, à la fois dans l’action sociale territoriale avec le nouveau projet des centres sociaux (voir ici) et dans l’innovation sociale avec la conduite de nombreuses expérimentations (voir ici) en cohérence avec objectifs initiaux (redistribution, accès aux droits, développer l'action collective, favoriser le vivre ensemble).

 

Nous avons en outre porté une réorganisation générale des services qui traduit une conception nouvelle de l'action sociale : il s’agit d’une part de sortir de l’entrée unique par les publics, qui ne correspond plus à une réalité sociale complexe, et d’autre part de rompre avec la logique exclusive de l'offre pour co-construire les réponses avec ceux qui vivent la demande sociale, les habitants et les associations. L’enjeu est ainsi de mieux fonder la légitimité du service public de l'action sociale de proximité, non seulement en contribuant à une réponse mieux adaptée à l’évolution des besoins sociaux, mais aussi en favorisant le vivre ensemble par le décloisonnement des publics, des générations, des milieux sociaux, des origines etc…

Chacun l’aura compris, cette réorganisation constitue un changement de culture essentiel pour les professionnels du CCAS, qui exige à la fois de la volonté politique, beaucoup de pédagogie, d’explications, d’échanges avec les salariés et enfin du temps pour s’inscrire dans la durée.

 

Pour consulter la version résumée du rapport d’activité 2010 : c’est ici

Pour consulter le rapport complet de l’activité 2010 du CCAS : R10

Bonne lecture !

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Actualités
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