Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 15:33

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Chaque hiver, alors que l’été est une période souvent plus cruelle, la situation de l’hébergement d’urgence est l’objet de nombreuses analyses et souvent de prises de positions aussi hypocrites qu’inefficaces, notamment de la part du gouvernement.

Chaque hiver, surtout depuis que la droite est au pouvoir, les acteurs sociaux de l’hébergement, institutionnels comme associatifs, redoutent que la situation ne s’aggrave (voir ce post qui date du début de l’hiver 2009-2010) par rapport à l’année antérieure, s’interrogent sur la capacité des dispositifs à répondre à des détresses humaines sans cesse plus lourdes, craignent qu’il faille un drame pour être entendus (comme un collectif de travailleurs sociaux qui interrogeait l’an passé, provocateur : « à quand le premier mort de froid ?).

Chaque hiver, des mobilisations exceptionnelles, citoyennes, associatives mais aussi institutionnelles (avec des moyens rajoutés in fine par l’Etat et des prises en charge par des collectivités locales) permettent de « passer le cap », avec toujours le goût amer de la triste conscience de n’avoir pas répondu à tous les besoins, d’avoir laissé s’aggraver des situations humaines terribles… Ce cycle infernal, nous le subissons tous, et d’abord les bénévoles et les professionnels de l’hébergement d’urgence qui sont en première ligne, et qui parfois se découragent.

Cet hiver n’échappe pas à la règle. Mais en pire.

Les responsabilités existent. Les causes sont connues et il suffit d’entendre ces dernières semaines se multiplier les dérapages de la droite dite républicaine pour mesurer que la question des moyens est loin d’être seule en cause. J’ sdf_dehors.jpg ai déjà eu l’occasion d’analyser les conséquences du cynisme gouvernemental et l’impact des politiques nationales dans ce post, qui date de…. mars 2010 et qui reste intégralement d’actualité, sauf que la réalité s’est durcie au plan local : la misère cachée s’est développée, les moyens se sont réduits, les droits des personnes sont bafoués, la crise a encore alourdi les situations sociales d’un public croissant.

A ce jour, le 115 continue d’être dans l’incapacité de répondre à la plupart des demandes d’hébergement d’urgence, y compris de familles avec enfants.

A ce jour, le dispositif hivernal, pourtant financé, n’est pas occupé à pleine capacité de ses places ouvertes, et des places existantes, pour lesquelles des professionnels ont été recrutés, ne sont délibérément pas ouvertes, alors même que plusieurs centaines de personnes, notamment des familles déboutées du droit d’asile, sont sans solution. hiver.jpgDes enfants scolarisés dorment dans des squats ou des abris qui mettent en cause leur santé et leur sécurité. Je pourrai multiplier les exemples qui démontrent jusqu’à quelles extrémités de situation de vie sont conduites des personnes déjà en souffrance pour des motifs purement idéologiques et politiciens, au mépris des lois de notre République et des conventions européennes qui sont fondatrices de notre « projet de civilisation ».

Face à cela, nous ne cessons d’alerter, depuis plusieurs années, hiver comme été, en pleine solidarité avec les associations et collectifs qui défendent non seulement les droits des personnes, mais aussi les valeurs de notre démocratie. Nous avons proposé, Conseil Général, Métro et Ville de Grenoble, de contribuer avec l’Etat à un dispositif global d’accueil d’urgence, dans une logique de mise à l’abri. Cette proposition a été refusée à plusieurs reprises par l’Etat. Hier encore, le conseil d’administration du CCAS a voté un vœu que le Maire de Grenoble a transmis au Préfet de l’Isère (voir ici).

Bien sûr, la prochaine baisse des températures justifiera des ouvertures de places qui soulageront en partie ces situations, même si beaucoup resteront cachées. Comme les années passées, il est probable que le dispositif hivernal grossira jusqu’au printemps, avec, de nouveau, la difficile gestion de la « sortie du dispositif hivernal », et ses remises à la rue. .. avec la perspective de nous battre jusqu’à l’hiver prochain.

Il est temps que cesse cette spirale infernale, qui non seulement broie les personnes, mais développe aussi les violences et les haines dans notre société. C’est un enjeu que la gauche doit porter dans les prochaines échéances démocratiques, sans rien renier de ses valeurs, et en refusant le terrorisme de l’idéologie nauséabonde de « l’appel d’air » que la droite a réussi à faire régner. Au plan local, nous essayons de tenir bon, d’abord grâce à la mobilisation d’associations et de citoyens. Mais il est temps qu’une gauche résolue à répondre à ces défis sociaux succède au plan national à cette droite rance qui fait son miel politique de la souffrance humaine.

Par Olivier Noblecourt - Publié dans : Actualités
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