Partager l'article ! L’hébergement dans l’agglomération : une responsabilité collective: Depuis plusieurs mois, la Métro élabore, sous la houlette de Jean ...
Depuis plusieurs mois, la Métro élabore, sous la houlette de Jean-Philippe Motte, vice-président chargé de l’habitat et du logement, son nouveau programme local de l’habitat (PLH) pour la période 2010 – 2015, outil majeur de la politique du logement à l’échelle de l’agglomération.
Chacun sait combien l’enjeu du logement est fondamental au plan social, dans un territoire particulièrement dense qui concentre beaucoup de richesses et de potentialités de développement, mais aussi une forte précarité assumée par un nombre trop limité de communes. Si Grenoble atteint aujourd’hui le seuil légal des 20% de logements sociaux (et ce, en dépit des nombreuses démolitions imposées par le renouvellement urbain) et réunit avec 6 autres communes 84% des logements sociaux de l’agglomération, il est évident pour tous que la réponse à l’énorme demande de logements sociaux (13 000 sur l’agglo pour environ 2500 attributions par an) nécessite un effort partagé par toutes les communes de la Métro, notamment celles qui disposent de réserves foncières importantes.
C’est pourquoi le nouveau PLH constitue une avancée majeure : avec un rythme annuel de 2300 logement familiaux et 550 lits supplémentaires en résidence (soit 2700 « équivalents logements »), il prévoit la construction sur 6 années de plus de 16000 logements nouveaux (contre 13 000 pour le précédent PLH 2004 – 2009), dont plus de 40% réellement sociaux (PLUS et le plus possible de PLAI). Avec 188 000 logements sur le territoire de la Métro, cet effort représente une augmentation annuelle de 1,5% du parc, donc une ambition réaliste compte tenu de la densité existante et des contraintes géographiques. Au-delà de l’offre nouvelle, le PLH propose un engagement très lourd pour l’amélioration du parc existant, tant public que privé (rappelons que 2/3 des ménages pauvres habitent le parc privé). Ce sont ainsi 10 000 logements (moitié publics, moitié privés) qui feront l’objet d’une réhabilitation thermique et 2400 logements qui seront entièrement réhabilités dans les copropriétés fragilisées. Ces deux premiers axes du futur PLH représentent un effort budgétaire sans précédent pour la Métro : pas moins de 153 M€ sur 6 années, pour un investissement global lié au PLH estimé à 1,3 milliard d’euros, soit un impact considérable en terme d’activité économique.
Alors que le débat politique se focalise souvent sur la réflexion binaire entre communes qui construisent et communes qui refusent du logement social (débat qui recouvre des réalités politiques tout à fait concrètes) le PLH marque un réel engagement de l’ensemble des communes, malgré les contraintes de certaines (risques naturels, technologiques etc.)
A ces deux politiques liées à l’offre de logement (développer son volume, améliorer sa qualité), la Métro a décidé d’ajouter un troisième axe du PLH intitulé « s’impliquer dans l’accès au logement social et dans l’hébergement », dont j’ai animé les ateliers de réflexion (compte rendu ici) en tant que co-président de la commission logement.
La première partie de cet axe du PLH est liée à l’accès au logement : de l’accueil de la demande au traitement des attributions « très sociales » par l’expérimentation d’une commission sociale (en lien avec la mise en œuvre du Dalo, droit au logement opposable), en passant par l’accès à un logement adapté des jeunes, des étudiants, des personnes âgées ou des gens du voyages par la réalisation du schéma départemental, l’enjeu est d’animer une politique d’agglomération qui rende possibles les « parcours résidentiels » par un traitement équitable de toutes les demandes et la recherche d’orientations communes sur les politiques d’attributions, dans un équilibre entre le respect des prérogatives des communes et la nécessité d’apporter aux difficiles réalités sociales des réponses à l’échelle de l’agglomération.
L’autre aspect concerne la volonté de la Métro de s’impliquer dans l’hébergement. C’est une compétence nouvelle dans la mesure où elle ne s’engageait dans le passé que sur l’investissement et ne participait pas à l’animation globale du dispositif. Aujourd’hui, à l’instar des autres intercommunalités du département, la Métro souhaite prendre sa place, sans se substituer aux compétences de l’Etat et du Conseil Général, pour piloter à leurs côtés une politique de l’hébergement cohérente au niveau de l’agglomération, c'est-à-dire imbriquée dans une politique globale logement – hébergement.
L’enjeu est d’importance. Malgré une très forte augmentation de l’offre d’hébergement (6000 places dans le département dont 4000 sur le territoire de la Métro), celle-ci peine à répondre aux besoins, du fait de la saturation des dispositifs d’urgence par la demande d’asile (voir ce post), d’une relative inadaptation à certains publics (jeunes, femmes isolées, « grands exclus », roms, etc.), et d’une trop faible sortie vers le logement (en 2008, seuls 50% des ménages hébergés ont accédé à un logement autonome). En outre, l’accès à l’hébergement reste largement tributaire de la « porte d’entrée » dans les dispositifs, accentuant une distinction artificielle entre l’hébergement dit d’urgence et l’hébergement dit d’insertion.
De longue date, la ville de Grenoble et son CCAS ont joué un rôle central, avec l’Etat, dans l’animation de l’hébergement au niveau de l’agglomération, puisque notre ville concentre 70% des capacités de l’agglomération et la quasi-totalité des places d’urgence. Dans le contexte actuel, cette responsabilité doit être partagée à l’échelle de l’agglomération, afin de mieux mutualiser les efforts des communes et de définir une stratégie globale qui cesse de faire porter l’effort de solidarité sur les plus vertueux, concentrant de fait la précarité et aggravant les inégalités entre les territoires.
Dans ce cadre, le président la Métro, Marc Baietto, et Michel Destot, en accord avec Jean-Philippe Motte qui pilote l’ensemble de la politique de l’habitat, ont décidé de créer une nouvelle vice-présidence à l’hébergement dont la responsabilité m’a été confiée lors du conseil de communauté du 24 septembre. C’est une responsabilité d’agglomération, forcément collective puisqu’elle suppose non seulement l’implication de toutes les communes, mais aussi un partenariat étroit avec l’Etat, le conseil général et l’ensemble des acteurs associatifs. Déjà fortement impliqué sur ces enjeux à la Ville de Grenoble et au CCAS, je compte mettre mon énergie à animer le travail collectif important et indispensable pour améliorer le fonctionnement de l’hébergement dans notre agglomération, pour mieux répondre aux considérables besoins humains et sociaux que nous connaissons.
