Partager l'article ! Un "Pass culture" pour que tous les Grenoblois sortent ensemble !: Dans la riche histoire grenobloise, deux politiques publiques se sont souv ...
Dans la riche histoire
grenobloise, deux politiques publiques se sont souvent croisées ou côtoyées : celle qui relève de l’accès le plus large à la culture (avec la création de « Peuple et
culture » et plus tard celle de la Maison de la culture, une des premières décentralisées, qui a marqué l’imaginaire collectif grâce au formidable discours inaugural d’André Malraux) et
celle qui a cherché à promouvoir les droits sociaux, dont le droit à la culture, avec l’élan donné à l’éducation populaire et aux centres sociaux. Depuis plusieurs années, nombre d’initiatives,
souvent réussies, ont permis de faire progresser les liens entre « culture » et « social » : c’est le bailleur social Actis qui propose un accompagnement de grande
qualité avec la MC2 à une cinquantaine de ménages locataires sociaux, c’est le théâtre municipal qui conventionne avec « Point d’eau » (accueil de jour pour SDF), ce sont le Musée et le
Muséum qui développent des programmes dits de « médiation culturelle », de même que la MC2 qui parvient à élargir son public, c’est enfin telle association, tel centre social, qui
propose une action spécifique, souvent pertinente, en lien avec un équipement culturel. Ce fourmillement d’initiatives est assurément une chance pour notre ville, qui témoigne de la conscience
partagée entre acteurs culturels et sociaux que leurs actions comme leurs enjeux ont partie mêlées.
Pourtant, force est de reconnaître que ces initiatives éparses, pour belles qu’elles soient, ne constituent pas à proprement parler une politique publique, qu’il manque toujours une dimension globale qui réunisse l’ensemble des acteurs, associe les habitants, et crée un objet de travail permanent pour les professionnels. C’est ce constat que l’enjeu du rapport entre politiques culturelles et sociales ne pouvait dépendre de la volonté propre de quelques acteurs, d’affinités personnelles, géographiques ou historiques entre équipements, quelles qu’en soient les qualités, qui nous a conduit, avec ma collègue Eliane Baracetti (adjointe à la culture) à engager une réflexion commune dès le début de ce mandat. Cette réflexion s’est d’abord appuyée sur une analyse approfondie réalisée par la direction des affaires culturelles de toutes les actions existantes, qui a confirmé notre diagnostic initial et nous a convaincu que l’enjeu n’était pas de créer une offre supplémentaire, du type chéquier de réductions, ou, pire, d’imaginer mettre à bas l’existant pour tout reconstruire. Des échanges nombreux que nous avons eu avec les professionnels, des rencontres que nous avons organisé, pour la première fois de manière globale, entre responsables culturels et sociaux, des principes généraux se sont imposés :
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Le dispositif devait concerner tous les Grenoblois, pas seulement
ceux considérés comme « en difficulté », pour être pleinement attractif : il s’agit bien de permettre à tous les Grenoblois de mieux profiter de la richesse de l’offre culturelle
grenobloise.
- - Face à l’isolement croissant de nos concitoyens (près d’un Grenoblois sur deux vit seul), le dispositif doit proposer des sorties collectives, qui permette à la fois la rencontre et une forme de sécurisation de la sortie.
- - Il doit se fondre dans l’offre existante, sans remettre en cause ni les politiques tarifaires des équipements culturels, ni les actions déjà engagées par les équipements.
- - Il doit être suffisamment souple pour évoluer au gré des pratiques des professionnels, et constituer un enjeu régulier de rencontres entre responsables culturels et sociaux.
- - Il doit enfin permettre une réelle appropriation par les habitants, c'est-à-dire une capacité à être acteurs de la programmation du dispositif.
Ce sont ces cinq principes qui ont permis, en conclusion d’une bien longue réflexion, de créer le « Pass culture » : porté par les Maisons des Habitants (voir leur projet ici), ce Pass qui court de l’automne à l’été est payant (12 €) pour les ménages imposables, gratuit pour les autres, ouvrant droit à une programmation large (1700 places pour 66 offres culturelles) à un prix maximum de 5 € (pour plus d’infos pratiques, c’est ici). Concrètement, les Grenoblois peuvent se rendre dans chacune des 11 Maisons des Habitants (ou centres sociaux) de leur choix pour pouvoir participer à des sorties culturelles collectives, pour lesquelles les équipements culturels ont prévu un accueil bonifié (rencontre avec les artistes, visites privilégiées, « master class »…). Dès 2012, ils pourront participer avec l’équipement social de leur quartier (par exemple dans le comité des usagers, voir ici) à la programmation de l’année suivante, afin de choisir, de manière collective, les sorties qui les intéressent le plus.
Cette nouvelle offre est une formidable opportunité de découvrir pleinement la richesse culturelle grenobloise, de rompre l’isolement, de partager une émotion artistique en famille, entre amis ou entre voisins, de mieux faire connaissance avec les Maisons des Habitants, les associations qui y interviennent et les habitants qui les font vivre. Si ses débuts se veulent modestes, nous comptons développer fortement ce dispositif à l’avenir afin de développer les synergies entre acteurs culturels et sociaux, et ainsi de nous adapter en continu à la demande des Grenoblois tant sociale que culturelle.

Voilà, honnêtement, une idée qu'elle est bonne ! D'autant plus avec la disparition du Service Culture et Lien Social au Conseil Général de l'Isère mais plus encore : quid du soutien aux associations du type Cultures du Coeur 38 !?
En tout cas, haro sur ce Pass Culture ! Mais comment, cela va t-il être géré par nos ami-e-s des M.D.H. ? Ca en représente du travail que de devenir un peu comme un billeterie Fnac ... ou me trompe-je ?! Est-ce qu'il sera possible de bénéficier de Pass Collectifs au nom de telle ou telle associative qui pourrait, elle, réserver des places pour ses adhérents aurprès des M.D.H. ?